AU DELA DES QUARANTE MALENCONTREUSES

J’ai voté la première fois en 1981 puis la deuxième en 1988. Si Mme Anne Hidalgo décide de se présenter aux élections présidentielles de 2022… et si le rassemblement, entre les gauches et les Verts – réalistes – ;  s’attache à présenter un programme social-économique apte à restaurer la confiance entre les milieux citadins et territoires ruraux… ; alors je reprendrai, peut-être, ma carte électoral…

PARIS ENTRE OMBRE ET LUMIERES

Plus le diable en a plus il en veut assoir

« Le noble est l’araignée et le paysan la mouche » Gravure de Jacques Lagnier 1620-1772). Musée Carnavalet – Paris

« Hôtels brillants, places immenses,

Quartiers obscurs et mal pavés,

Misères, excessives dépenses,

Effets perdus, enfants trouvés,

Force hôpitaux, forces spectacles,

Belles promesses sans effets,

Grands projets,

Grands échecs,

Grands succès,

Des platitudes, des miracles,

Des balles, des jeux, des pleurs, des cris…

Voilà Paris. »

Marc-Antoine Desaugiers,

Paris en miniature, 1824

[…]

Alors que certains peuvent cumuler des revenus, par l’addition de retraites d’avec la complémentarité d’un emploi ou d’une activité rémunérée pour montant supérieur à plus (+) de vingt fois le plafond de la Sécurité Sociale. Tandis que celles et ceux qui n’ayant pas la totalité de leurs trimestres, sont soumis(es) à un plafond de revenus d’activité (environ 800€ mensuel) afférents au titre d’une activité COMPLEMENTAIRE à retraite incomplète. Voir les retraites des Députés de la République comme des Ministres et Présidents, ainsi que du cumul emplois-retraites de certains membres d’organismes Théodule et Ad-Hoc, dont on peut, en certains cas, se demander s’ils ont réelles et véritables utilités, hormis celles affiliées à quelques lobbies ?

On se fout de la figure à qui… ?

Mais vous faîtes quoi les organisations du Travail ?

Organismes dédiés aux Droits de la Famille ?

Et le législateur ?

Le Défenseur des Droits ?

Le droit à l’égalité, de traitement ?

Les droits du travail ?

La solidarité ? Vous vous en torchez le cul ?

Comme d’avec les retraites des paysans ?

Des invisibles, précaires, ‘’riens’’ et ‘’sans dents’’…

Et pouvoirs envers une économie-sociale de marchés réaliste.

Ou alors est-ce la complexité du ‘’mille-feuilles’’ administratif qui érige la confusion quant aux droits des plus démunis(es) ?

Dans la rhétorique macronienne de la campagne de 2017, c’est le « nouveau monde » contre « l’ancien ». Cette dynamique a été appuyée par la réforme territoriale de François Hollande, qui a accentué le pouvoir des grandes capitales régionales – précisément celles où les manifestations des Gilets jaunes sont les plus grosses et les plus violentes (Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Lille), tout en accélérant le déclassement des capitales déchues (Limoge, Poitiers, Amiens, Clermont-Ferrand, Reims, etc…).

A cette partition des hommes et des activités se surimpose une séparation sociale de plus en plus visible, au fur et à mesure que l’immobilier des métropoles s’envole, que les activités les plus rentables s’y concentrent, et que les cadres de la société française y travaillent de plus en plus. La fracture est devenue un abyme entre les élites des métropoles mondialisées et le reste du peuple majoritaire, chassé vers le France périphérique par le cumul de la désindustrialisation et la hausse des loyers du secteur privé. Cette partition de la société et du territoire renvois immanquablement à la citation maintes fois répétée du milliardaire américain Warren Buffett : « il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. » Que cela soit volontaire ou non ne change rien à l’affaire.

La déconnexion des élites technocratiques et bourgeoises est avérée. Elles ont perdu pied face à une société qu’elles méconnaissent, à qui elles proposent d’aller chercher l’emploi là où il est… Mais au nom de quoi pourrait-on demander à un français provincial en difficulté de quitter sa petite ville pour gagner le SMIC dans une métropole où son salaire sera dévoré par son loyer ?…

 L’incompréhension n’est pas feinte, et toute discussion avec notre bourgeoisie mondialisée se termine par des formules dignes de l’Ancien Régime. Il n’est pas nouveau que les privilégiés soient aveugles à leurs privilèges, qu’ils les regardent comme justifiés, fruits de bonnes décisions et d’une juste récompense. Mais les classes sociales inférieures n’en n’ont cure, et c’est précisément cette situation qui a éclos en cet automne 2018, en différentes zones sociales-économique françaises.  Le 17 novembre 2018 commence en France la crise des gilets jaunes. Elle répond à un appel à manifester général diffusé sur les réseaux sociaux contre la hausse du prix du diesel. Présentée par le gouvernement comme relevant de la lutte contre le réchauffement climatique, cette taxation est perçue par la majorité de la population comme un abus injuste frappant les plus modestes dans leur mode de vie et de consommation. Une des manifestations les plus saillantes, les plus durables et les plus décentralisées de cette révolte à été l’occupation de centaines de ronds-points dans la périphérie des villes et de bourgs. Initiées par près de 280 000 personnes, ces occupations devinrent permanentes pendant des semaines, mélangeant des femmes et des hommes de diverses générations et catégories sociales, souvent d’origine très modeste, mais aussi des travailleurs et des artisans de classes moyennes inférieures.

La France qui déclasse – Pierre Vermeren

Embauche au RSA

En cas d’embauche au RSA, le montant du RSA que vous perceviez ne changeait pas pendant les trois premiers mois. A l’issue de cette période, son montant était à nouveau calculé pour tenir compte de votre nouvelle situation. Il était dégressif en fonction des revenus du travail suivant la formule de calcul suivante : RSA Socle + (Revenu Net d’Activité x 38%) Vous deviez alors informer la Caf de votre reprise d’activité. Dans le cas contraire, ou en cas de travail au noir cumulé avec le RSA socle, la Caf pouvait décider de baisser ou de supprimer l’aide. Votre nouvel emploi pouvait également vous faire perdre certains droits. C’est notamment le cas en ce qui concerne le versement de la prime de Noël qui ne pouvait pas être touchée par les bénéficiaires du RSA activité. Voir : CALCUL DE L’ANCIEN (RSA) Revenu de Solidarité Actif – Page 298.

››› Un écosystème pour la protection de la liberté artistique s’articulant à l’échelle internationale, régionale et nationale se développe progressivement dans toutes les régions. Cela va de pair avec une meilleure réactivité et des capacités de suivi accrues, ainsi qu’avec la mise en place de bonnes pratiques en matière de législation et de jurisprudence. ››› Les progrès dans l’élaboration ou l’actualisation des lois sur la condition de l’artiste sont encore lents. Les évolutions positives incluent la protection des artistes dans certains sous-secteurs culturels et des mesures spécifiques concernant la fiscalité, les prestations sociales et les pensions de retraite. ››› Les inégalités entre les sexes persistent dans l’ensemble du secteur. Elles se reflètent dans les conditions de travail des femmes artistes et des professionnelles de la culture, qui les exposent particulièrement à la précarité et à l’insécurité. ››› Les artistes et les travailleurs culturels s’appuient de plus en plus sur Internet et les réseaux sociaux pour faire connaître leur travail et atteindre de nouveaux publics, ce qui soulève des défis nouveaux s’agissant de leur juste rémunération et de leur sécurité en ligne, défis qu’il faut également relever afin de protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles. ››› Un nombre croissant de programmes de réinstallation ou d’abris temporaires pour les artistes en danger sont mis en œuvre par les gouvernements, les universités, les organisations de la société civile et les institutions culturelles. ››› Les artistes jouent un rôle de plus en plus reconnu dans la promotion et la défense des droits de l’homme, et la notion de défenseurs des droits culturels prend de l’importance au sein du système des Nations Unies et parmi les acteurs de la société civile. Liberté et Créativité – 2005

Au plan épistémologique, le sociologisme issu de certaines formes périmées du Marxisme – Léniniste, du communisme d’antan, puis du capitalisme ‘’débridé’’, et de l’ordo-libéralisme subjugué par principe de subsidiarité, (une utopie hors formes de népotisme), a perdu les moyens théoriques de leurs servir de langage commun ; elles sont confrontées à des tentatives de réductions provenant des neurosciences et de sciences cognitives. Quant à l’objet des sciences sociales, on ne fait qu’accumuler des connaissances sans précédent sur la diversité des langues et des sociétés humaines, avec un effort sans précédent lui aussi, en tant qu’inventaire et conservation du patrimoine culturel à l’échelon mondial, alors que son véritable degré appelle à présent une réflexion théorique afin de penser la diversité de ce patrimoine, dans le temps comme dans l’espace. Nous sommes confrontés au défi de mettre en valeur la diversité culturelle d’aujourd’hui, pour éviter qu’elle ne se réduise à la portion congrue de sa propre incompréhension aseptisée ; voire irrationnelle ou psychotique.Cela n’exige pas d’opposer un relativisme frileux à un universalisme dogmatique ; mais loin des réductions biologiques, anthropologiques, ethnologiques ou sociologiques qui ont tentées depuis l’avènement de l’ère industriel, après la Renaissance et le temps des Lumières, d’en déterminer uniquement les lois et règles sur les états successifs des fonctionnements des biosystèmes et écosystèmes, en faisant trop souvent abstraction ou déni des liens communautaires et culturels des échangistes en, et entre ces différents systèmes à réseaux ‘’vivants’’…

Pour une sémantique des textes : François Rastier – C.N.R.S.

PREFACE

Il faut refuser l’ennui et vivre seulement de ce qui fascine.

La raison est généralement considérée comme une faculté propre de l’esprit humain dont la mise en œuvre lui permet de créer des critères de vérité et d’erreur et d’atteindre ses objectifs. Elle repose sur la capacité qu’aurait l’être humain de faire des choix en se basant sur son intelligence, ses perceptions et sa mémoire tout en faisant abstraction de ses préjugés, ses émotions ou ses pulsions. Cette faculté a donc plusieurs emplois : connaissance, éthique et technique. Par la suite, on peut distinguer, au point de vue des normes rationnelles :

  • la raison comme un ensemble de principes directeurs de la connaissance ou de l’action ;
  • la raison comme un principe de création et de mise en ordre de ces principes.

La raison s’entend comme l’ensemble de facultés cognitives qui permettent le raisonnement – facultés dont les aspects sociaux et biologiques sont encore largement incompris, malgré l’essor de l’imagerie fonctionnelle – et la raison comme le trait dominant de l’imaginaire. La raison éclot à Athènes entre le 7e et le 4e siècle avant J.-C. et s’exprime avec l’apparition conjointe de la philosophie, de la science et de la démocratie. Pour la première fois de l’histoire qui nous est accessible, la communauté des citoyens, le demos, imagine de se doter de manière raisonnée de ses propres règles collectives. Une seconde discontinuité historique intervient aux révolutions Américaine et Française, avec l’émergence de la démocratie libérale, marquée par l’héritage des Lumières. La raison apparaît ainsi comme une rupture avec les sociétés hétéronomes dont les significations sont dictées et closes par la religion et la tradition, et se fonde donc sur la séparation entre savoir et croyance. Pour autant, la raison n’est pas univoque et est soumise à une tension interne entre deux exigences superficiellement contradictoires. D’une part, elle suppose l’interrogation illimitée sur le monde, la critique permanente des institutions sociales, la recherche de la vérité comme horizon commun et la transmission par l’enseignement des savoirs et des grammaires de pensée disciplinaires : c’est le fondement de la science. D’autre part, la raison repose sur l’ambition démocratique d’une « Direction consciente par les hommes eux-mêmes de leur vie », ce qui suppose une pluralité de rationalités en débat : c’est le fondement démocratique de la politique. Si l’avenir de chaque société est conditionné par son économie, ses institutions sociales et par les techniques dont elle dispose, il n’en existe, et c’est heureux, aucune détermination qui serait strictement déductible, scientifiquement, du passé.

L’histoire même de la raison nous en donne des preuves, par les ruptures non prédictibles qui l’ont façonnée. En physique statistique : la difficulté à prédire les propriétés émergentes d’un système passif aussi simple qu’une assemblée de grains dont on connaît parfaitement les interactions : aussi la prétention à prédire l’évolution supposément déterminée de sociétés à partir des comportements individuels, en niant au passage la part de l’environnement, de l’imaginaire social et/ou l’historiographie apparaît-elle comme proprement insensée ?

Le rationalisme, dans sa plénitude, suppose donc une vie démocratique pluraliste constituée autour d’un espace public de pensée, de critique et de conflit, qui laisse toute sa place à l’indétermination du social et qui restitue à la politique sa part de création. Cela suppose, en plus de la désintrication du savoir et de la croyance, de séparer nettement les sphères politique et scientifique. Si les principes éthiques de Max Weber exigeant de ne pas « débiter du haut d’une chaire, au nom de la science, des verdicts décisifs concernant la conception du monde vont de soi, il ne s’agit pas de dénoncer l’engagement des savants ni la possible libido politique qui motive certains travaux scientifiques par ailleurs rigoureux. La séparation des sphères politique et scientifique procède d’un double mouvement : l’autonomie effective des savants d’une part, et l’interdiction faite à des propositions politiques de prétendre procéder de la vérité scientifique, d’autre part.

Il n’y a là aucun relativisme : il n’existe aucune politique digne de ce nom qui se fonde sur le mensonge ou sur une vision du monde que la science serait en mesure de contredire. Mais en retour, la politique est un acte de création de sens, d’imaginaire et d’institutions irréductible à la véridiction scientifique, puisqu’elle reconnaît, dans l’idéal démocratique qui est partie intégrante de la raison, l’existence d’intérêts divergents, la rupture du consensus et la pluralité de visions du monde. S’étonnera-t-on de retrouver ici les accents des intellectuels libéraux qui virent autrefois une urgence à définir le totalitarisme comme négation de la politique, exigeant le consentement à une vision unique du monde et prétendant « obéir rigoureusement et sans équivoque à ces lois de la nature et de l’ histoire dont toutes les lois positives ont toujours été censées sortir ».

A ces critères objectivables de scientificité une dimension d’artisanat : la science de qualité suppose l’éthique intellectuelle, la mise en discussion préliminaire à la publication, la plus faible division du travail possible dans les équipes de recherche mais aussi la transmission de gestes, de manières de faire, de styles, de mœurs, de standards d’exigence. Il convient d’insister sur le fait que la production savante est soumise à un régime de liberté très différent de la liberté d’expression, puisque les manuscrits basés sur une recherche jugée médiocre ou fautive par les pairs, comme ceux présentant des conclusions de faible intérêt, sont en principe rejetés du corpus scientifique, en n’accédant pas à la publication.

Elle est régie par les libertés et les franchises académiques, qui affirment l’autonomie du savant par rapport aux pouvoirs dont l’exercice de la science dépend, dans toutes ses dimensions : liberté de recherche, liberté d’enseignement, liberté d’expression des universitaires. En aucun cas les libertés académiques ne sauraient être présentées, de manière déformée, comme une simple liberté d’expression d’opinions émises hors du cadre de véridiction savante mais dans des locaux universitaires. L’expression d’opinions scientifiquement fausses ou prétendant à la scientificité sans se plier à son régime de probation ne saurait engendrer la moindre compassion invoquant le spectre de la censure : prétendre parler « au nom de la science » hors de la science est une usurpation.

Bruno Andreotti – Camille Noûs

CONTRE L’IMPOSTURE ET LE PSEUDO-RATIONALISME (Editions du Croquant)

La connaissance ; c’est de l’expérience. Le reste n’est, majoritairement, que banalités informatives, sans réels fondements humanistes ni quelconques meilleurs sens analytiques envers une véritable justice sociale-économique.

Au pays des Lumières, est-ce d’une logique législative positive au rapport d’un système de bien(s) et services attaché aux Droits de l’homme, comme de la Liberté, l’Egalité et la Fraternité, apposées aux frontons des bâtiments publics, ainsi de ceux des Mairies et du principe de traitements égalitaires des territoires ?

La Vème République est-elle devenue une Régence en Gouvernances de Privilégiés d’avec Ordres pas très clairs… ?

Saviez-vous – Hors de la baisse démographique – 1,87 en 2019

Si vous êtes non pacsés ou non mariés, sous n’avez – en tant que père – pas droit aux quatre trimestres pour l’éducation de votre enfant. Quatre étant attribués à la mère au titre de la maternité, quatre dédiés à l’éducation et au même titre quatre pour le père.

Cette majoration est attribuée :

  • à la mère pour les enfants nés ou adoptés avant le 1er janvier 2010. sauf si le père prouve, d’ici le 31 décembre 2010, qu’il a assuré SEUL l’entretien de l’enfant pendant au moins une année au cours des quatre années suivantes à sa naissance ou son adoption. Les années après quatre ans, jusqu’à la MAJORITE, ne comptent-elles PAS… ?
  • à la mère pour les enfants nés ou adoptés après le 1er janvier 2010. Cette majoration peut être partagée entre les deux parents si ces derniers manifestent leur commun accord dans les six mois qui suivent le quatrième anniversaire de l’enfant ou son arrivée dans le foyer familial. En cas de désaccord des parents, la majoration sera attribuée à celui des parents qui prouvera avoir le plus contribué à l’éducation de l’enfant. 2010, on lance une compétition entre mère & père… ?. A défaut de preuve, la majoration est répartie entre le père et la mère.
  • Vous ne pouvez, soi-disant institutionnel, demander la rétroactivité d’une pension de réversion. Elle est due au premier mois de la demande. Et si vous êtes chômeur au RSA – à la différence d’un ou d’une salariée où elle s’ajoute aux revenus du ‘’travail’’ – cette réversion est déductible du RSA. Si vous demandez cette pension de réversion à l’âge de liquidation de votre retraite cette pension de retraite en réversion sera traitée en premier et votre liquidation après. Ce qui, soi-disant, INCITERAIT les séniors – n’ayant pas la totalité de leurs TRIMESTRES – à trouver un emploi, et cela avec POTENTIALITES de RESULTAT, jusqu’à leurs 67 ans.

PAGE 623 – 628

Bien que les transferts de richesse se doivent d’exister dans la dimension commerciale de tout système social-économique, la création de richesse s’exerce par la transformation des matières premières, pour l’essentiel nourricier, venues des agriculteurs et éleveurs, afin d’en faire quelques METS… ; etcétéra… et de par tous ces savoirs faire, connaissances et pratiques, acquises… ; pouvoir, peut-être, ainsi, entrevoir quelques bons goûts dans une bienséance de bienveillances… ; tant du matériel que de l’immatériel comme des biens et des services marchands.

Mais, j’observe, encore, ici, que l’inégalité, le bien, l’union, la mort, le désordre, le vide, le repos…, etc…, sont des mots qui, n’étant pas intrinsèquement négatifs, ne disent, souvent, que le moins de l’égalité, de l’union, de la vie, du bien, du plein, du mouvement comme de l’action de ces ‘’choses de la vie’’ envers un véritable lien humaniste.

Un drame, même quand il nous peint des passions ou des vices qui portent un nom, les incorpore si bien au personnage que leurs noms s’oublient, que leurs caractères généraux s’effacent, et que nous ne pensons plus du tout à eux, mais à la personne qui les absorbe ; c’est pourquoi le titre d’un drame ne peut guère être qu’un nom propre. Au contraire, beaucoup de comédies portent un nom commun : l’Avare, le Joueur, etc. Si je vous demande d’imaginer une pièce qui puisse s’appeler le jaloux, par exemple, vous verrez que Sganarelle vous viendra à l’esprit, ou George Dandin, mais non pas Othello ; le Jaloux ne peut être qu’un titre de comédie. C’est que le vice comique a beau s’unir aussi intimement qu’on voudra aux personnes, il n’en conserve pas moins son existence indépendante et simple ; il reste le personnage central, invisible et présent, auquel les personnages de chair et d’os sont suspendus sur la scène. Parfois il s’amuse à les entraîner de son poids et à les faire rouler avec lui le long d’une pente.

Mais plus souvent il jouera d’eux comme d’un instrument ou les manœuvrera comme des pantins. Regardez de près : vous verrez que l’art du poète comique est de nous faire si bien connaître ce vice, de nous introduire, nous spectateurs, à tel point dans son intimité, que nous finissons par obtenir de lui quelques fils de la marionnette dont il joue ; nous en jouons alors à notre tour ; une partie de notre plaisir vient de là. Donc, ici encore, c’est bien une espèce d’automatisme qui nous fait rire. Et c’est encore un automatisme très voisin de la simple distraction. Il suffira, pour s’en convaincre, de remarquer qu’un personnage comique est généralement comique dans l’exacte mesure où il s’ignore lui-même. Le comique est inconscient. Comme s’il usait à rebours de l’anneau de Gygès, il se rend invisible à lui-même en devenant visible à tout le monde. Un personnage de tragédie ne changera rien à sa conduite parce qu’il saura comment nous la jugeons ; il y pourra persévérer, même avec la pleine conscience de ce qu’il est, même avec le sentiment très net de l’horreur qu’il nous inspire. Mais un défaut ridicule, dès qu’il se sent ridicule, cherche à se modifier, au moins extérieurement.

Si Harpagon nous voyait rire de son avarice, je ne dis pas qu’il s’en corrigerait, mais il nous la montrerait moins, ou il nous la montrerait autrement. Disons-le dès maintenant, c’est en ce sens surtout que le rire « châtie les mœurs ». Il fait que nous tâchons tout de suite de paraître ce que nous devrions être, ce que nous finirons sans doute un jour par être véritablement. Ce que la vie et la société exigent de chacun de nous, c’est une attention constamment en éveil, qui discerne les contours de la situation présente, c’est aussi une certaine élasticité du corps et de l’esprit, qui nous mette à même de nous y adapter. Tension et élasticité, voilà deux forces complémentaires l’une de l’autre que la vie met en jeu.

Font-elles gravement défaut au corps ?

Ce sont les accidents de tout genre, les infirmités, la maladie. À l’esprit ? Ce sont tous les degrés de la pauvreté psychologique, toutes les variétés de la folie. Au caractère enfin ? Vous avez les inadaptations profondes à la vie sociale, sources de misère, parfois occasions de crime. Une fois écartées ces infériorités qui intéressent le sérieux de l’existence (et elles tendent à s’éliminer elles-mêmes dans ce qu’on a appelé la lutte pour la vie), la personne peut vivre, et vivre en commun avec d’autres personnes. Mais la société demande autre chose encore. Il ne lui suffit pas de vivre ; elle tient à vivre bien. Ce qu’elle a maintenant à redouter, c’est que chacun de nous, satisfait de donner son attention à ce qui concerne l’essentiel de la vie, se laisse aller pour tout le reste à l’automatisme facile des habitudes contractées. Ce qu’elle doit craindre aussi, c’est que les membres dont elle se compose, au lieu de viser à un équilibre de plus en plus délicat de volontés qui s’inséreront de plus en plus exactement les unes dans les autres, se contentent de respecter les conditions fondamentales de cet équilibre : un accord tout fait entre les personnes ne lui suffit pas, elle voudrait un effort constant d’adaptation réciproque. Toute raideur du caractère, de l’esprit et même du corps, sera donc suspecte à la société, parce qu’elle est le signe possible d’une activité qui s’endort et aussi d’une activité qui s’isole, qui tend à s’écarter du centre commun autour duquel la société gravite, d’une excentricité enfin. Et pourtant la société ne peut intervenir ici par une répression matérielle, puisqu’elle n’est pas atteinte matériellement. Elle est en présence de quelque chose qui l’inquiète, mais à titre de symptôme seulement, — à peine une menace, tout au plus un geste. C’est donc par un simple geste qu’elle y répondra.

Le rire doit être quelque chose de ce genre, une espèce de geste social. Par la crainte qu’il inspire, il réprime les excentricités, tient constamment en éveil et en contact réciproque certaines activités d’ordre accessoire qui risqueraient de s’isoler et de s’endormir, assouplit enfin tout ce qui peut rester de raideur mécanique à la surface du corps social. Le rire ne relève donc pas de l’esthétique pure, puisqu’il poursuit (inconsciemment, et même immoralement dans beaucoup de cas particuliers) un but utile de perfectionnement général. Il a quelque chose d’es- thétique cependant puisque le comique naît au moment précis où la société et la personne, délivrées du souci de leur conservation, commencent à se traiter elles-mêmes comme des œuvres d’art.

En un mot, si l’on trace un cercle autour des actions et dispositions qui compromettent la vie individuelle ou sociale et qui se châtient elles-mêmes par leurs conséquences naturelles, il reste en dehors de ce terrain d’émotion et de lutte, dans une zone neutre où l’homme se donne simplement en spectacle à l’homme, une certaine raideur du corps, de l’esprit et du caractère, que la société voudrait encore éliminer pour obtenir de ses membres la plus grande élasticité et la plus haute sociabilité possibles. Cette raideur est le comique, et le rire en est le châtiment. C’est ainsi que des vagues luttent sans trêve à la surface de la mer, tandis que les couches inférieures observent une paix profonde. Les vagues s’entrechoquent, se contrarient, cherchent leur équilibre. Une écume blanche, légère et gaie, en suit les contours changeants.

Parfois le flot qui fait abandonne un peu de cette écume sur le sable de la grève. L’enfant qui joue près de là vient en ramasser une poignée, et s’étonne, l’instant d’après, de n’avoir plus dans le creux de la main que quelques gouttes d’eau, mais d’une eau bien plus salée, bien plus amère encore que celle de la vague qui l’apporta. Le rire naît ainsi que cette écume. Il signale, à l’extérieur de la vie sociale, les révoltes superficielles. Il dessine instantanément la forme mobile de ces ébranlements. Il est, lui aussi, une mousse à base de sel. Comme la mousse, il pétille. C’est de la gaîté. Le philosophe qui en ramasse pour en goûter y trouvera d’ailleurs quelquefois, pour une petite quantité de matière, une certaine dose d’amertume. LE RIRE – Bergson

TEMPS DES RETRAITS

Imagine que nous soyons des miroirs,

Des miroirs glacés qui ne pleurent jamais,

Faciès, pour toujours, tenus aux mêmes rêves,

Cauchemar drapé des pires peines de l’écho.

Imagine que nous étions des diables,

Des démons se riant des allées de glace,

Figurines fourbies au lustrage des pics élogieux,

Songes affichés aux versants des mots décimés.

Imagine que nous sommes, encore, des souffles,

Bouches chaudes qui ne s’émerveillent plus,

Lèvres collés-gercées sur les vitres de gel,

Histoires tues sous les poussières du temps.

Imagine qu’il n’existerait plus de repos,

Nuits et jours sans odes ni potron-minet,

Courses filmés à l’ombre du susdit des rigueurs,

Livrée d’une galerie aux portraits brisés.

Imagine si nous n’avions plus rien à échanger ;

Je crois, alors, que nous serions, déjà, un peu, morts.

Avant d’entrer sur le chemin de la lassitude, de tourner les toutes dernières pages de mon histoire, à entamer mon épilogue avant que ne tombe le rideau, j’y mettrai un point final sur l’appui de ma fenêtre. Je le laisserai au choix de l’ouvrir sur mes pensées…

Michel Asti

L’ALBUM D’UN CONFINÂGE

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.1811585098977759&type=3

1 réflexion sur « AU DELA DES QUARANTE MALENCONTREUSES »

  1. A reblogué ceci sur L'AMARANTE DES ARTISANS FRANCAISet a ajouté:

    LA BROUETTE OU LES GRANDES INVENTIONS

    Le paon fait la roue
    Le hasard fait le reste
    Dieu s’assoit dedans
    Et l’homme le pousse.

    Jacques Prévert

    LA BROUETTE OU LES GRANDES INVENTIONS

    Le paon fait la roue
    Le hasard fait le reste
    Dieu s’assoit dedans
    Et l’homme le pousse.

    Jacques Prévert

    LA BROUETTE OU LES GRANDES INVENTIONS

    Le paon fait la roue
    Le hasard fait le reste
    Dieu s’assoit dedans
    Et l’homme le pousse.

    Jacques Prévert

    LA BROUETTE OU LES GRANDES INVENTIONS

    Le paon fait la roue
    Le hasard fait le reste
    Dieu s’assoit dedans
    Et l’homme le pousse.

    Jacques Prévert

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